DEFINITIONS: TAROT
Expression qu’emploient les adeptes de l’occultisme et dépendant d’une interprétation qui n’est pas fondée sur des données scientifiques.
Elle veut décrire un phénomène connu en psychologie sous le nom d’expérience hors du corps.
La pensée traditionnelle, qui rejoint l’ésotérisme de toutes les grandes religions, à constamment affirmé l’existence d’un corps subtil, distinct du corps physique, capable de s’en détacher et d’effectuer des déplacements dans l’espace. mais ce savoir ne devait être communiqué qu’aux seuls initiés.
Les Egyptiens, déjà, considéraient qu’un double, ayant la même forme que le corps, les mêmes facultés de voir, d’entendre et de ressentir, subsistait après la mort et venait habiter le tombeau où il vivait d’offrandes.
Au Tibet, comme aux Indes, les récits de dédoublement et de projection de corps fluidique sont innombrables.
Les soufis du monde arabe et les mystiques de l’Islam chi’ite voyageaient aussi dans ce « monde des corps subtils », qu’Henri Corbin, le grand spécialiste de la pensée iranienne, définit comme un « monde médian où les esprits se corporalisent et où les corps se spiritualisent », à la fois « monde de l’âme » et « monde de l’Ange ».
Il ne fut pas le seul à découvrir cette autre dimension de l’espace et du temps. En Occident aussi, de grands penseurs qui situaient leur recherche loin de tout cartésianisme, Jacob Boehme, Swedenborg, Oetinger… en reconnurent également l’existence. quand à René Guénon, dont les écrits font autorité en matière de pensée traditionnelle, voici comment il identifie la nature du « corps astral » :
« Quand nous parlons d’un état subtil… c’est quelque chose de véritablement incorporel ; nous ne savons d’ailleurs si on doit dire matériel ou immatériel et peu importe… Nous tenons à préciser que ce à quoi nous faisons allusion précisément est essentiellement un état de l’homme vivant… Pendant la vie, le corps est l’expression d’un certain état de l’être mais celui-ci a également et en même temps des états incorporels, parmi lesquels celui dont nous parlons et qui est le plus proche de l’état corporel : cet état subtil doit se présenter à l’observateur comme une force ou un ensemble de forces plutôt que comme un corps, et l’apparence corporelle des matérialisations n’est que surajoutée exceptionnellement à ses propriétés ordinaires…. » (L’Erreur spirite, Didier et Richard, 1930)
Cependant , Guénon déconseillait formellement de chercher à invoquer le corps subtil d’une personne vivante.
Les grands initiés seraient-ils les seuls capables d’envoyer leur conscience hors de leur corps ? L’expérience poétique ne permet-elle pas, dans certaines conditions d’atteindre les mêmes résultats ? a moins que l’expression poétique ne soit celle qui permette le mieux de transcrire les visions rapportées. Ainsi l’on peut constater que les récits, les descriptions que Gérard de Nerval présente dans, Aurélia, comme l’écho de ses expériences nocturnes, coïncident parfaitement avec le savoir des initiés de tous les âges.
Un autre poète, René Daumal, reconnaît, pour l’avoir aussi parcourue, « la Ville mystérieuse » qu’avait décrite Nerval. A la fin des années trente, avec ses amis du Grand Jeu, Daumal avait voulu franchir « les limites de l’humanité à son stade actuel ». le dédoublement était l’une des expériences préconisées et pratiquées à cette fin. Ce qui permettait à l’auteur du Mont Analogue d’affirmer : « Que la condition du double après la mort puisse être, dès cette vie, connue en partie, c’est pour moi à la foi une certitude métaphysique et un fait d’expérience. » (Chaque fois que l’aube paraît, Gallimard, 1953). Afin de permettre à quiconque de tenter une vérification expérimentale de ses allégations, Daumal a raconté comment lui et ses amis sortaient de leur corps :
« C’est un monde réel que celui où, il y a quelques années, je donnais des rendez-vous nocturne à un ami, Robert Meyrat. Nous n’avions pas besoin d’escalader la grille de la maison familiale pour nous échapper par les rues désertes d’une ville de province, et nous donner à des nuits entières de merveilleuses aventures. Voici le procédé que j’avais trouvé pour sortir de mon corps (j’ai appris depuis que la science occulte le connaît de toute antiquité) : je me couchais le soir comme tout le monde, et, détendant tous mes muscles avec soin, vérifiant que chacun était bien complètement abandonné à lui même, je respirais longuement et profondément, sur un rythme régulier, jusqu’à ce que mon corps ne fût plus qu’une masse paralysée étrangère à moi même.
J’imaginais alors que je me levais et m’habillais, mais – et c’est pour ce point essentiel que je réclame de ceux qui veulent m’imiter un courage et une puissance d’attention peu ordinaire – j’imaginais chaque geste dans ses moindres détails et avec une telle exactitude que je devais me représenter l’action de chausser une espadrille dans le même temps précisément que j’aurais employer à la chausser dans la vie corporelle. J’avoue d’ailleurs qu’il me fallait parfois passer une semaine de vains efforts chaque soir avant de réussir seulement à m’asseoir sur le bord de mon lit, et que la fatigue provoquée par de tels exercices m’a souvent obligé à les interrompre pour de longues périodes. Si j’avais la force de persévérer, un moment venait, plus ou moins vite, où j’étais lancé. Vu de l’extérieur, je m’endormais.
En fait, j’errais sans effort – et même avec la facilité désespérante que ceux qui se souviennent d’avoir été des morts connaissent bien – je marchais, et immobile je me voyais en même temps marcher, dans des quartiers tout à fait inconnus de la ville, et Meyrat marchait près de moi. Le lendemain, en plein jour, nous retrouvions Gilbert – Lecomte et Vailland, et leur racontions notre promenade » (Le grand Jeu, No 3, automne 1930).
Quand il effectuait ses premiers essais de projection de la conscience, Daumal, encore lycéen, ignorait les textes classiques des occultistes. Il procédait de façon purement empirique. Et pourtant sa méthode n’apparaît pas foncièrement différente de celle que préconise le Guide pratique du voyage hors du corps. Il s’agit bien des mêmes incursions dans le monde astral. Seulement Melita Denning et Osborne Phillips, à partir de leur propre pratique et en effectuant la synthèse de tous les savoirs relatifs au dédoublement, proposent une méthode qui le met aujourd’hui à la portée de tous ceux qui désirent tenter l’expérience.
Etaient-ils en droit de livrer des secrets jusqu’ici aussi bien gardés ? Oui, répondent-ils, parce que l’heure est venue. Avec l’avènement du Verseau, à la grande occultation doit succéder la Lumière des Sphères Célestes.
Michel Carassou
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